Allemagne
Ordre et chaos
L’exemple de l’arbre de Pâques me paraît tout à fait crucial tant il est révélateur des différences fondamentales qu’il existe de part et d’autre du Rhin, entre l’Ordre et le Chaos…
Devinez donc où est le chaos ?
Qui a dit ‘chez nous’ en premier ? Gagné !
Hé oui, car tandis qu’à la Pâques, nous sommes tous affairés à chercher nos œufs éparpillés, étourdis que nous sommes, nos frères allemands se marrent, tout goguenards, car les leurs ne traînent pas : ils sont tout simplement pendus aux branches des arbres en attendant que le feuillage du printemps ne vienne les couvrir !
Ces arbres (nommés ‘Osterbaum’ (arbre de Pâques)) sont donc mis à l’honneur en sortie de l’hiver, dans l’attente impatiente du retour du printemps.
L’arbre de Pâques (ou Osterbaum), une tradition encore bien respectées outre-Rhin… et en Alsace !
De même, l’arbre est à la fête la nuit précédant le 1er mai, puisque l’on fête le Maibaum (arbre de mai), tandis qu’en France, quelques conscrits apportent encore parfois quelques rames de charme sous les fenêtres de futures promises...
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De manière générale, les fêtes traditionnelles semblent bien plus vivantes en Allemagne, encore largement respectées. Cause ou conséquence, les jours correspondants sont le plus souvent fériés.
Les différences qu’il existe dans la manière de fêter les traditions est souvent surprenante, et là aussi, prendre chez l’un et l’autre est certainement la meilleure des manières pour multiplier les occasions festives...
La tradition des conscrits reste par exemple encore très prégnante en Alsace, tout comme cette autre tradition païenne également fêtée autour d’arbres: les feux de la Saint Jean.

Autre tradition semblable où il est question d’arbre : Carnaval, fêtée aussi bien en France (Dunkerque…) qu’en Allemagne (Cologne…), et dans de nombreux villages.

Dans les Länder du sud, Carnaval est également lié au ‘Schmutziger Donnerstag’ (traduire ‘le jeudi sale’, à ne pas confondre avec le jeudi noir…).
Le jeudi précédent le carnaval, les mairies donnent symboliquement les clefs aux femmes qui, toute la journée, ont ainsi le pouvoir absolu de décision (et ne font donc pas le ménage, d’où le jeudi sale…).
Cette revendication féministe se traduit d’ailleurs dans les faits par la destruction de toute cravate (symbole de domination phallique par excellence !) qui aurait le malheur de sortir des tiroirs ce jour là : si un homme en porte une, alors une paire de ciseau lui passera sous le menton et cette maladroite étourderie se payera alors au prix fort : la cravate est guillotinée.
Et tant qu’à faire, puisque la baraque est sale, autant aller jusqu’au bout et sortir en pyjama dans la rue, en plein hiver, ce que font les participants du ‘Hemdglunker Umzug’ (le défilé des chemises de nuit…)… qui a dit que les allemands ne savaient pas se lâcher ?.......

Anniversaires et autres traditions incontournables
Les anniversaires sont fêtés comme chez nous. Un gâteau, des bougies.
Mais il y a aussi la chaise d’anniversaire…
Traditionnellement, il est d’usage outre-Rhin de porter l’enfant dont c’est l’anniversaire sur une chaise préparée à cet effet, et ce autant de fois que le nombre d’années fêtées : l’enfant est donc assis sur sa chaise, et les adultes en saisissent les pieds (de la chaise, pas de l’enfant…), et se musclent ainsi au fil des ans….. jusqu’à ce que (on le comprend aisément), l’enfant n’en soit plus un.

Du même ordre, les Noëls sont bien évidemment fêtés (même si les Sainte-Catherine et Saint Nicolas (Nikolaus) restent encore très présents), et les fameux marchés de Noel (Weihnachtsmarkt) attirent les foules dès fin novembre, une tradition restée intacte en Alsace (Strasbourg, Colmar, Kaysersberg en sont les plus connus).

A noter enfin que l’Allemagne non plus ne semble avoir réussi à repousser plus longtemps les assauts monstrueux de ces drôles de créatures qui peuplent les rues obscures de la dernière nuit d’octobre…

Les notes : 2 sans hésiter pour la persistance des fêtes et le respect des traditions outre-Rhin, et je mettrai aussi un 2 pour Superdupont, non pas pour son respect des traditions, mais parce que nous avons la galette des rois, et que les Rois mages, cela vaut bien 1 point de plus.
Et pour l’Alsace, logique, puisqu’elle cumule précieusement les fêtes : 3 points !

La fête de Carnaval à Cologne est une tradition incontournable.
Fait à noter : les carnavaliers le préparent environ 4 mois à l’avance ! En effet, une fête d’ouverture est donnée traditionnellement dès novembre, le 11 plus précisément, à 11 :11.
Cela ne vous dit rien comme date ?
Effectivement, pendant que nos voisins festoient gaiement à Cologne, nous commémorons nos anciens poilus de la ‘der des der’… remarquez, c’est un peu bête, puisqu’il n’y en a plus !
Le trait se veut bien sûr provocateur, mais ce fait (que le dernier poilu ait quitté la terre) avait conduit notre président à inviter Angela le 11.11 lors de la cérémonie de commémoration 2009 (25 ans après l’invitation de Mitterand à Kohl à Verdun), pour se souvenir ensemble du bon vieux temps tout en ouvrant l’avenir sur une note réjouissante et festive, comme l’ouverture du Carnaval de Cologne… il fallait oser, mais c’est ainsi que le 11.11 est devenu depuis la journée de l’amitié franco-allemande…
On se demande bien d’où lui est venue cette idée, car on aurait bien du mal à l’imaginer festoyer Carnaval devant les cathédrales… mais sait-on jamais : il nous a déjà prouvé qu’il savait être partout à la fois, surtout quand il s’agit d’Allemagne…
Et effectivement, après une consciencieuse recherche aux archives nationales, il semblerait qu’on l’ait bel et bien aperçu au carnaval de Cologne de 2007, à la période de certaines élections…
