Les Petits Carnets d'Alsace

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Bises

L’accent français est une arme sexuelle redoutable… si, si.


Les allemandes (qui me l’ont confié bien des fois) passeraient ainsi des heures à nous écouter parler allemand avec notre bon vieux accent franchouillard.

Ce n’est pas une blague, et c’est bon à savoir.


Enfin une bonne nouvelle pour ceux qui sont nuls en langue. La touche du French lover existe, et sans grand effort.


Oui mais… car il y a un mais…


Prenez garde de ne pas tout gâcher par un geste trop gaillard en vous laissant aller à cet odieux manque de savoir vivre : faire la bise !



Hé oui, la bise, cela ne se fait pas comme ca, comme on le fait chez nous à tout le monde, au grand damne des petits qui s’essuient si souvent avec une réelle expression de dégoût après que papi ou mamie qui pique (l’un ou l’autre) lui ait aspergé le visage de tout son amour…..



L’allemande marque ses distances, et gradue son intimité : c’est important de le savoir.



Une histoire de graduation



Ainsi, lors d’une première rencontre, il est de bon ton (voir même : il est très souhaitable, et de préférence avant monsieur d’ailleurs, même si vous arguiez d’un ‘le meilleur pour la fin’, vous ne feriez qu’aggraver votre cas : madame d’abord, puis ensuite, les messieurs…)) de saluer madame en lui serrant la main.


Très souvent, si vous n’y prenez garde, vous verrez votre interlocutrice se cambrer en arrière comme ces clowns à ressort lorsqu’ils jaillissent de boîte, préférant tomber à la renverse plutôt que de se laisser assaillir par un parfait inconnu. Bien évidemment, elles ne sont pas suicidaires : elles jetteront en votre direction une main tendue en espérant que le french lover la saisisse et l’empêche ainsi de choir, et saisisse du même coup qu’on n’a pas encore gardé les cochons ensembles… voilà, le message est passé.


La bise est un geste intime. Lorsqu’on sera amis, on y repensera…


Il ne faut pas se laisser aller à de fausses représentations : l’allemand n’est pas fan de baisers, ne vous laissez pas abuser par l’œuvre très célèbre de Vrubel (ci-dessous): les hommes n’embrassent pas comme ca le premier venu sur la bouche, pas plus que les femmes…


Il vous faudra pour cela patienter et gravir une à une les marches de l’intimité, apprendre les réjouissances des étreintes (qui relèvent d’une vraie amitié, et non d’une relation amoureuse), elles aussi graduées, pour, peut-être, un jour, atteindre l’intimité ultime…


 

 

Bref, tandis que le français fait la bise à tout le monde, est pote avec tout le monde, avec tant de monde qu’au final on sait plus vraiment comment savoir qui est pote avec qui (loi du tout (j’te fais de gros bisous) ou rien (je te donne la main)), il existe chez nos voisins toute une graduation que l’on a plaisir à gravir patiemment et qui redonne ainsi très pudiquement la saveur de l’appréciation tacite et réciproque de chaque relation.


A cette attitude un peu ‘barbare’ du français ouvertement dépravé (demandez par hasard ce que signifie un ‘français’ à une allemande…… (mais ne le faites pas à la première rencontre…..)…), j’avoue préférer ce jeu intime où l’on sait jauger de la valeur de l’intimité.


Pour cette raison, je mettrai 1 au français (je parle du citoyen), et 2 à l’allemande.



Aller, boudez pas…. Venez, on va se faire de gros bisous…

 

Et puisqu’on parle de bisous, l’occasion est trop belle d’évoquer une peinture très connue que vous trouverez à l’East Side Gallery: celle de Vrübel.

 

 

Cette peinture représente le fameux baiser de Honecker (Ex dirigeant de l’Allemagne de l’Est) et de Brejnev (Ex dirigeant de la Russie, s’il fallait encore le préciser), signe d’allégeance à la mère patrie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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