Les Petits Carnets d'Alsace

Allemagne

Allemagne géographique


Allemagne thématique

X (pour les plus de 18 ans)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salut mon chou… tu aurais 5 minutes à la mi-temps ?

 

 


Lorsqu’en 2006 a lieu le Mondial de Foot en Allemagne, un n_ième scandale éclate…


Mon Dieu, il existe en Allemagne des maisons de passe !’



Non, sérieux ? Mais… mais… je croyais que c’était interdit !


Des lieux de sexe tarifé pour adultes, mais c’est affreux !


Dites-moi, cela n’existe pas chez nous, n’est-ce pas ? Oui, c’est bien ce qu’il me semblait : la prostitution est interdite, donc rien à craindre, elle n’existe pas…


Ouf, on va pouvoir se porter en donneur de leçon… choueette !


Allez, tous ensemble, trois quatre : bouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuhh, les vilaaaaains !


Toi, là, tu n’étais pas en mesure, on reprend mesure 4, et vous me faites un joli crescendo, s’il vous plaît, allez, on met tous les mains sur le cœur : trois, quatre, bouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuhh, les affreuuuuuuuuuux !


C’était pas mal…


Hé oui, bienvenue chez les ch’tis choristes à la croix de bois… prompts à clouer au pilori, toujours la main sur le cœur.



On se demande bien au final de quoi il fallait s’offusquer…


De l’hypocrisie des instances sportives, journalistiques et politiques, ou du fait que de grands gaillards de 20 à 30 ans, souvent célibataires, aient besoin, pendant leurs 2 mois d’exil de… ‘relâcher la pression’ (terme à l’élégance peut-être discutable, mais qui me semble pourtant être assez juste…) ?


Ou fallait-il s’offusquer au nom de grands principes vertueux qui commandent à toute nation vertueuse de fermer à double tour les maisons closes ?...



Fait étrange…



Considérez donc cette si belle épreuve sportive traditionnelle, si belle qu’on l’a surnommée notre ‘petite reine’ : le Tour de France. Une tradition populaire qui consiste à mettre en compétition quelques forçats de la route. Le plus fort d’entre eux sera sacré Champion, il aura droit de monter sur la plus haute marche, où lui seront remises à chaque étape les plus jolies demoiselles du canton…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment ca, c’est ‘symbolique’ ?...


Ah oui… évidemment.



Je vous le disais, c’est étrange : dites le mot ‘cyclisme’, on vous répondra ‘dopage’. Hop, une éclaboussure gratuite à notre prude petite reine. Et dites à présent ‘demoiselle’, hé bien voilà : rien… ou alors un ‘c’est symbolique’... c’est ca ouais…


Dans l’inconscient collectif, notre petite reine est un modèle de vertu, et tout un mois durant… alleluja : pas d’ca (hia) chez nous !


Et donc pas d’Zahia chez Festina… oh, je me suis trompé : on a aussi cloué Festina… donc pas d’Zahia chez Astana ?... Idem ?... Bon.



Si les affaires de couette sont assez peu répandues chez nous (on y préfère les affaires de dopage… qui permettent de justifier les contre-performance de nos représentants tricolores…), il semblerait que ce ne soit pas tant du fait qu’il n’y ait aucune friandise à se mettre sous la dent que de l’épaisseur de couette… oui, il existerait une couette bien épaisse qui recouvrirait ce petit monde, autrement dit, un nouveau ‘tabou’ (comme celui évoqué pour l’argent) que l’ordre des journalistes sportifs semble respecter à la lettre (à moins qu’il ne s’agisse de l’article 9 du code civil…. bref).



Et puis un jour, à force de silence, chacun fait tellement ce qui lui plaît (plaît plaît) que la situation devient un vrai n’importe quoi, que les chagrins d’amour et autres frasques des stars couvertes ne sont plus couvrables et que tout éclate : paf, zut, la capote est percée…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On appelle les mutins de Knysna à la barre, on les cloue au pilori, on leur jette des tomates pourries, et on change de sélectionneur en lui demandant de nous faire le coup de laver plus blanc que blanc, et sans les nœuds… et tout est bien, dormez tous tranquilles dans vos chaumières, et pas de boogie woogie avant vos prières du soir…



… Monsieur ?


Oui, effectivement, cette rubrique est consacrée à l’Allemagne, je suis désolé, je me suis un peu perdu en préliminaires, mais que voulez-vous, il paraît que c’est important, alors un peu de patience, s’il vous plaît…



Donc, en conclusion de cette longue intro aux considérations franco-francaises, disons qu’on semble avoir là un bel exemple du prix de la vertu…



Passons donc à présent, monsieur, à cet autre pays, de l’autre côté de la Manche… oui, j’ai dit de la ‘Manche’, pas du ‘Rein’… voyons Monsieur, contrôlez-vous, que diable !


Juste un tout petit mot sur les wagabees, qui à leur manière semblent tirer parti du principe de vertu… oui, au pays de la Reine mère, le principe de vertu semble encore plus sacré que chez nous (c’est dire), et le scandale semble si juteux, que de nombreuses jeunes filles s’y sont collées corps et âme : nos fameuses Wagabees.


Wagabee est un jeu de mot, un mélange de ‘wanabe’ (‘je veux être’, que vous entendrez souvent dans les chansons anglophones), de Wag (abbréviation de Woman And Girlfriend, ce sont les compagnes des joueurs de foot anglais, ces créatures affichées à la gloire de leur mâle…), et enfin d’abeilles (bee) qui tourneraient autour du pot...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 specimens de wagabee (photo prise sur le site consacré)



Bref, les wagabees sont donc ces jeunes abeilles qui tournent autour du miel, dans l’espoir, un jour, de devenir reine au pays de la Reine mère (c’est bon, mon langage est-il suffisamment digne ?). Evidemment, la concurrence est rude, et certaines se voient éconduites… après que le pollen ait été récolté.


Comment croyez-vous que ces jeunes ambitieuses réagissent ?


Elles tirent évidemment parti de la situation et servent ainsi un véritable nectar à la presse à scandale anglaise, participant ainsi à la mouvance du ‘fuck and tell’, ‘on baise, on balance’…. Zut, mon langage a dérapé.



Le voilà, le prix de la vertu : c’est l’effet Mc Cain… oui, vous savez, cette pub pour les frites : ‘ce sont ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus’…



En France, la prostitution est donc interdite, les scandales sexuels de nos sportifs couverts (jusqu’à ce qu’ils ne soient plus couvrables), et cela mène un jour un joueur à la tronche de biais de refuser de s’adresser aux médias en français, évoquant soudainement pour cela un amour effréné pour la langue de Goethe




Bref…




En Allemagne (oui, Monsieur, vous voyez, tout arrive à point pour qui sait attendre !), une fois de plus, on obéit au sacrosaint principe non pas de vertu, mais de réalité (peut-être parce que Freud et Jung étaient germanophones ?...)). On déclare que la prostitution a son utilité. On la légalise, on fait sortir ces dames des bois de la capitale (ah bon ? Parce qu’il y en avait ??), on leur donne pignon sur rue, ainsi qu’assurance maladie et cotisation de retraite.


Voici d’ailleurs un article de rue89 qui y fut consacré, hors des sentiers battus du scandale (vous y apprendrez même ce qu’est un ‘français’ en Allemagne !).


Et quand les cameras des pays vertueux viennent crier au scandale, on rit en douce plutôt que de se laisser aller à s’offusquer de tant d’hypocrisie…



Tout comme vous avez déjà pu le percevoir avec les rubriques d’alcool, de cigarette ou d’argent, l’Allemagne part du principe qu’il appartient à chacun de se connaître (comme l’indique la publicité de prévention contre l’alcool ci-dessous, dont le site fut emblématiquement dénommé ‘www.connais-tes-limites.info’…), et en appelle à la responsabilité de chacun plutôt que d’interdire à tous…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’alcool te met plus KO que tu ne crois… connais tes limites !


Une attitude qui n’est pas vertueuse, mais qui ne sacrifie pas non plus au nom du principe de vertu la part ‘humaine’ qui est indéniable… oui, il peut y avoir du plaisir à jouer de l’argent, à boire de l’alcool, à fumer, ou encore, à aller voir les petites femmes de Pigale. Et plus que du plaisir : du réconfort…



A titre d’exemple emblématique, vous pourrez parcourir le destin d’une des grandes figures allemandes du XXème siècle : Beate Uhse. Beate Uhse, avant d’être cette célèbre enseigne de lingerie et gadgets coquins outre-Rhin, était une femme allemande qui par ses actions œuvra grandement au nom de l’épanouissement sexuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce principe de réalité, qui s’oppose au principe de vertu, n’est pas une solution universelle, certes. Mais il n’y a pas de solution universelle.


La vie est faite de risque, et ce malgré tout principe de précaution qui grignote sans cesse les libertés…



… oups… désolé.



Je crois que je me suis laissé aller : nous avions dit ‘pas de grand principe, pas de philosophie et de généralité’… désolé, c’était plus fort que moi…


… désolé…


j’aurais aussi aimé vous parler de ces salles de shoot que l’on trouve aussi en Allemagne, et qui avaient de nouveau fait scandale en France, mais il faut aussi savoir se retenir parfois…



Il me faut donc revenir au plus élémentaire, au plus simple exemple du quotidien, alors soit : messieurs, et mesdames, quand, de l’autre côté du Rhin, vous vous laisserez aller à un peu de plaisir et de détente dans un des nombreux lieux de sauna (qu’alliez-vous imaginer ?), il faut que vous sachiez quelque chose de très important : dans ces lieux de dépravation, n’oubliez pas de retirer vos sous-vêtements !

 

 

 

 

 

 

 

Mon dieu qu’ils sont prudes…



Allez, pour qu’il ne soit pas non plus dit que les allemands sont des inconscients du zizi sexuel, voici quelques images des campagnes publicitaires relatives à la lutte contre le SIDA : vous voyez, là encore, ils choisissent la liberté !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Freiheit genießen : jouir de la liberté VS Aids riskieren, risquer le SIDA)

(Mach’s mit ! - Gib AIDS keine Chance! Fais-le avec ! Ne donne aucune chance au SIDA).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Etre ensemble à la plage VS risquer le SIDA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S’amuser comme un roi VS risquer le SIDA




 

 

Allez, 0 pointé pour la France tant qu’elle n’aura pas appris à accorder ces chœurs, et 2 pour l’Allemagne pour avoir permis le débat…


… twoo, for youuuu, and oooow for meee…

 

 

 haut de page