Allemagne
S’il n’était qu’un seul film à voir pour avoir une ‘couleur’ allemande contemporaine, nous vous conseillerions sans hésiter ‘Good Bye Lénine’… oh : bonne idée, il fut même traduit !
En voici le synopsis : attention, si vous voulez profiter de nos récits de voyage de cet été, voir ce film est un devoir préalable ! Il y aura d’ailleurs une interrogation pour vérifier, alors attention (exceptionnellement, on veut bien vous donner un coup de pouce si vous ne le dites à personne, en vous rendant sur le site suivant et en tapant ‘good bye’ dans le champ de recherche)
Synoptis
: Alex, un
jeune Berlinois de l'Est, apprend la chute du mur alors que sa mère
est dans le coma à la suite d'un infarctus. Celle-ci a
toujours été quelqu'un d'actif, participant avec
enthousiasme à l'animation d'une chorale.
Les mois passent
et le coma continue. La ville se transforme, les voitures
occidentales sillonnent les rues, les publicités envahissent
les murs. Au bout de huit mois, elle ouvre les yeux dans une ville
qu'elle ne peut plus reconnaître. Alex veut absolument lui
éviter un choc brutal que son cœur affaibli ne pourrait
supporter.
Profitant de son alitement, avec l'aide de sa famille
et de ses amis, il reconstruit autour d'elle son univers familier,
convoque les jeunes chanteurs de la chorale, sollicite l'aide d'un
ancien cosmonaute, reconverti en chauffeur de taxi, et s'efforce de
faire revivre la RDA dans les 79 m² de l'appartement, remis aux
normes socialistes.
Lorsque Good by Lenine sort dans les salles en juin 2003, nous habitons Göttingen, ville à deux pas de l’ex frontière Est/Ouest. Le film est un succès phénoménal. Les salles sont bondées, et les gymnases sont même transformés en salles de projection.
Les spectateurs, venus de part et d’autre de l’ancienne frontière ont ressorti du grenier costumes d’époque (pantalons de toile, chemises, foulards, bleus et rouges des jeunes pionniers socialistes, qui n’ont rien à voir avec ceux des scouts (allusion au film) !), tout comme leurs anciens drapeaux.
L’émulation est palpable. Auferstanden aus Ruinen est entonné à plusieurs reprises en cours de soirée, et est chanté avec une ferveur à vous hérisser le poil : comme jamais nous n’avons entendu chanter la Marseillaise…
Débuts de l’Ostalgie ?
En tout cas, nous sommes avec ce film en plein dedans…
Bref, un film très empreint du contexte dans lequel nous avons pu le voir, certes, mais qui, sans cela, reste incontournable : notons qu’il fut primé aux oscars, et surtout, qu’il constitue un très bon panorama de la culture allemande: vous y trouverez d’ailleurs de très nombreux traits caractéristiques que nous avons pu évoquer dans les diverses rubriques en vrac…

Dans la même veine, mais plus ancien (sorti en 1999, soit dix ans après la chute du mur), Sonnenallee est à coup sûr un film à voir également. Le ‘Es war einmal im Osten’ (‘il était une fois dans l’est’, clin d’œil que vous reconnaîtrez) donne le ton de ce film très largement connu : il y de l’humour, et il y a déjà de l’ostalgie… un très bon film pour se familiariser avec cette culture tout en se marrant.

Transition radicale avec cet autre gros morceau du cinéma allemand contemporain : les derniers jours de Sophie Scholl, qui fut également projeté dans nos salles.
Lorsqu’il sort en 2005, nous sommes à Münster, et vivons donc en plein l’émotion avec laquelle ce film est reçu dans les salles outre-Rhin.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, Sophie Scholl est une figure emblématique des mouvements de résistances allemandes de la période nazie, vous avez sûrement déjà entendu parler de la Rose Blanche.
Il faut voir le film pour la culture. Il faut également voir le film à sa sortie pour vivre en plein ce ‘quelque chose’ que nous évoquons en conclusion de la rubrique suivante… mais là, c’est plus difficile à présent.

A noter : ce film a été primé au festival de Berlin (festival présenté plus bas), et a connu un très large succès bien au-delà des frontières allemandes. Il a donc été traduit, et distribué à l’étranger. Si vous êtes curieux, cherchez un peu sur le Net les images des jaquettes du film, en France, en Pologne, aux Etats-Unis (mots clefs : letzten Tage von Scholl)… vous noterez selon les résultats la prédominance de la croix nazie dans l’image, totalement absente de la jaquette allemande. Et pour cause : la représentation de ce symbole est tout simplement interdite par la loi en Allemagne (Article 86a du Code pénal) sous peine de prison, sauf à des fins de représentation historique.
Bien… tout cela est bien joli, mais assez parlé du passé. Parlons donc un peu du présent, avec ce film de… 1998 (!).

‘Cours, Lola, cours !’ (Lola rennt) n’a rien à voir avec ce jeune homme simplet d’Alabama et propose trois films en un… je n’en dis pas plus, c’est une curiosité à voir également, un incontournable du cinéma allemand qui fut grandement primé.
Enfin, pour terminer ce top 5, un mot sur notre dernier coup de cœur, qui date de pas si longtemps que cela (printemps 2011) : Pina 3D.

Comme son nom l’indique, c’est un film en 3D, et qui parle d’une certaine ‘Pina’.
Mais qui est cette ‘Pina’ ? Certains d’entre vous auront très certainement entendu parler de Pina Bausch (que les français avec un accent terrible (même à la radio) nomment ‘Boch’, comme les perceuses ou les surnoms de temps passés…).
C’est une danseuse et chorégraphe allemande qui a créé de son vivant (elle est disparue en 2009) un nouvel art : le théâtre danse (Tanztheater).
Son ancien et fidèle ami Wim Wanders (auteur et réalisateur du célèbre Les Ailes du Désir) lui rend hommage par l’utilisation de la 3D dans ce film sublime, à aller absolument voir en salle si vous en avez encore la possibilité…
Alors, c’est le moment de vérité : qui parmi vous, a vu tous ces films ?
…
Ne vous précipitez pas tous à la fois…
… mouais, c’est bien ce qu’on pensait.
Qui en a vu 4 ?
… Laure ? Ben oui, mais tu triches… qui ‘d’autre’ a-t-il vu 4 films ?
…
3 ?
…
2 ?
…
1 ?
… Rassurez-nous quoi…
C’est étrange. Ou révélateur.
Lorsque vous allez en Allemagne et que vous parlez du cinéma français, ils savent nous donner des titres, sacrebleu ! Et des noms d’acteurs également (Depardieu, Belmondo, et même (avec un accent délicieux) : De Funès (qu’ils prononcent ‘De fu-né’… ha, ces sacrés accents (voir d’ailleurs la rubrique suivante…)).
Il faut dire, nos films sont souvent projetés en Allemagne, très souvent (il faut le dire aussi), à côté des films américains très largement (peut-être même plus largement) importés.
Il nous arrive ainsi de profiter des 2 versions d’un film français, ce qui souvent, ne manque pas d’intérêt…
A titre d’exemple, ce ‘Ensemble, c’est tout’, de Claude Berri, dont le film allemand fut traduit par ‘Zusammen, ist man weniger allein’ (ensemble, on est moins seul).

Comment comprendre le titre français : faut-il réduire le film à l’histoire amoureuse de Canet et Tautou (qui à la façon d’un ‘Sexfriend’, tentent de nourrir une relation sexuelle sans sentiment) et comprendre ainsi ‘ensemble, mais pas plus’ ? Ou alors faut-il comprendre (comme il fut traduit en Allemagne) ‘Ensemble, c’est (le) Tout’, faisant référence à la Communauté qui se créée au cours du film entre les 4 personnages qui partageront le même appartement ?
Regardez-donc un peu la taille des personnages sur la jaquette…
Cela a l’air de rien, mais c’est une bonne illustration de la conception de la Communauté de part et d’autre du Rhin, développée dans la rubrique suivante.
Bref, puisqu’ensemble c’est tout, parlons donc de ce qui réunit, et qui a réuni des millions de français, mais également (plus surprenant, mais bien réel) des millions d’allemands : de quel film pensez-vous allons-nous parler ?
‚Willkommen bei den Schti’s !’ Exactement, bien dit…

(Détail amusant, la phrase écrite sur l’affiche cinéma : ‘Über 20 Millionen Franzosen können nicht irren !’ (plus de 20 millions de français ne peuvent pas se tromper)…
… nous le verrons bien en 2012 (!)…
Hé, oui, le succès du film qui repose en grande partie sur des jeux identitaires et d’opposition des régions, joue également à plein en Allemagne, où (on s’en doutera), les clivages Ouest/Est jouent évidemment, mais aussi (moins connu), ceux du Nord et du Sud…
…
Et puisque nous en sommes aux films identitaires, vous souvenez-vous de ce film ?

Hé oui, même ces ‘petits films’ sans prétention traversent la frontière pour être projetés dans les salles outre-Rhin…
Alors, c’est pas un peu la honte, tout de même, de connaître si peu le cinéma allemand ?
Ne nous dites pas que c’est ‘parce que le cinéma allemand est un cinéma de seconde zone’ par rapport au cinéma français, vous vous attireriez bien des foudres… vous seriez alors plus avisé de parcourir le lien Wikipedia suivant, et si cela vous semble trop long, sachez au moins que la Berlinale (qui décerne les ours (vous en voyez un sur la jaquette en haut de page de Sophie Scholl)) est aussi réputée au monde que l’est notre festival de Cannes…
Disons alors que c’est peut-être un trait culturel bien français d’être satisfait de soi et donc d’oublier de s’ouvrir un peu sur le monde (voir rubrique correspondante)…
Soyons clair toutefois avant de nous faire trop enguirlander : c’est une critique bien davantage globale des institutions, plutôt que des individualités…
Allez, pour remédier à tout cela, en plus de la liste de films que vous avez entre-temps déjà regardée (n’est-ce pas), voici quelques visages contemporains du paysage audiovisuel allemand (ca sonne mieux que le PAF (acronyme usuel du Paysage Audiovisuel Français)… des fois qu’on ne s’en relève pas…) :
Commençons par exemple par la délicieuse Diane Krüger, qui parle un français parfait, que vous aurez d’ailleurs plaisir à voir dans certaines productions internationales, notamment ‘Joyeux Noel’ pour la France ou encore ‘Troie’ ou ‘Unglourious Basterds’ pour les Etats-Unis.
Dans ce même dernier film américain, vous aurez sans doute également remarqué cette ‘gueule’ à faire tourner la tête de la gente féminine : celle de Til Schweiger, que vous pourrez découvrir également dans l’excellent ‘Barfuß’.
Et puis, bien sûr, puisque nous avons commencé avec lui, nous pouvons également finir cette longue rubrique en sa compagnie : Daniel Brühl, qui est né un très bon jour, et que vous retrouverez (ou plutôt ‘avez déjà découvert’) dans Joyeux Noel, ‘Unglourious Basterds’ ou Good Bye Lénine, que vous avez à présent déjà vu, non ?
Non ?
Mais alors, qu’attendez-vous ?!
Taratata, pas de ‘je lisais la rubrique’ qui tienne… allez, allez, hop : sinon, pas de récit de voyage !
Pendant ce temps là, je mets les notes.
Note maximale pour tout le monde… et puisqu’ils sont tous en train de regarder le film et que je suis donc tout seul, je rajoute discrètement un point au pays des frères Lumière, car enfin tout de même…